Ambassadeur des salons particuliers
Les salons particuliers : une aventure humaine et collective
Chaque année, Rhonéa participe à une dizaine de salons particuliers à travers la France. Ces rendez-vous sont l’occasion de faire découvrir nos vins et nos terroirs, mais aussi de créer du lien entre vignerons et amateurs. Parmi les Artisans Vignerons engagés, Jean-Paul Anrès représente fièrement Rhonéa sur plusieurs salons. Passionné par la rencontre et le partage, il nous raconte pourquoi ces moments sont si précieux — et pourquoi, selon lui, d’autres coopérateurs devraient vivre cette expérience.
Jean-Paul Anrès, ambassadeur des salons particuliers
Un parcours ancré dans la coopération
Jean-Paul Anrès reprend l’exploitation familiale à seulement 16 ans et rejoint la Cave coopérative de Beaumes-de-Venise à la fin des années 70. De tempérament décidé et orienté vers l’action, il intègre le Conseil d’administration en 1983, avant de devenir vice-président. Depuis 2005, il préside également l’AOC Beaumes-de-Venise.
Vigneron passionné et profondément attaché à sa cave, Jean-Paul est aujourd’hui un véritable ambassadeur de Rhonéa. Présent sur de nombreuses animations et sur une dizaine de salons particuliers chaque année, il fait découvrir les vins et les valeurs de la coopération à travers toute la France.
Interview
Qu’est-ce qui t’a donné envie de participer aux salons particuliers ?
Pour faire les salons, il faut avant tout avoir envie d’échanger avec des gens. Ce n’est pas un exercice de vente classique : on part à la rencontre des clients, on fait connaître le nom et les produits au public. On ne gagne pas des fortunes, mais on fait découvrir Rhonéa, on casse les codes de la cave coopérative.
Les gens sont souvent surpris : « On n’aurait pas cru que ce soit une cave coopérative ! » ou « Vous travaillez bien ! » — ce sont des retours qui font plaisir et qui montrent que notre image évolue.
Qu’est-ce qui différencie les salons particuliers d’un salon professionnel ?
C’est simple : sur un salon particulier, le client vient à nous. Il vient avec l’envie de découvrir, d’échanger. Ce n’est pas à nous d’aller le chercher, et ça change tout.
Je ne suis pas commercial, je ne sais pas aller chercher le client. Mais derrière le stand, je n’ai pas besoin de jouer ce rôle : je reste moi-même, je parle de mes vins, de mon métier. Les visiteurs cherchent avant tout une expérience humaine.
Quel type de public se rend sur ces salons ?
On rencontre toutes sortes de personnes : des connaisseurs, des curieux, des fidèles. Certains viennent pour les appellations — Beaumes-de-Venise, Vacqueyras, Gigondas — sans savoir qu’il s’agit d’une cave coopérative.
Je commence toujours par me présenter comme producteur. Ensuite, j’explique la coopération, ce travail collectif qui permet d’obtenir les meilleurs vins possibles. Les gens apprécient cette transparence et sont souvent étonnés par la qualité de nos cuvées.
Est-ce qu’il y a des vins qui marchent mieux que d’autres ?
Pas forcément. Mais c’est vrai que je vends mieux les cuvées auxquelles je participe, celles issues de mon terroir. Quand je parle de mes vignes, de mon travail, tout devient plus naturel. Et souvent, ce sont les bouteilles les plus chères qui partent en premier : la barrière du prix n’a pas d’importance. Les gens achètent plus qu’une cuvée — ils achètent un échange, une histoire, une rencontre.
Tu sembles avoir tissé des liens très forts avec les clients.
Oui, et c’est ce qui me motive le plus ! Au fil des années, je me suis fait de vrais amis dans toute la France. Aujourd’hui, quand je pars sur un salon, je ne vais plus « chez des clients », je vais chez des amis. On se reçoit mutuellement, on dort chez l’habitant, on partage des repas… Ce sont des moments uniques. On crée un lien humain que l’on ne retrouve pas ailleurs, et c’est ça, pour moi, la plus belle récompense.
Tu dis souvent que c’est une expérience à vivre pour d’autres coopérateurs. Pourquoi ?
Parce que les coopérateurs ne savent pas ce qu’ils ratent ! C’est une super expérience, vraiment. On apprend à parler de nos vins, on comprend mieux les attentes des consommateurs et on découvre une autre facette de notre métier. Et surtout, on s’amuse ! Les salons, c’est du travail, bien sûr, mais c’est aussi beaucoup de plaisir et de convivialité.
Si nous étions un peu plus de volontaires à nous impliquer, chacun pourrait vivre cette expérience à son tour, en participant à un ou deux salons par an. Ce serait une belle façon de partager l’effort collectif et de faire briller encore davantage l’image de nos Caves.
Une anecdote pour finir ?
(Rires) Oui, j’en ai une qui me fait encore rire. Il y a quelques années, j’avais une grande affiche personnalisée avec ma photo. Un jour, au Touquet, une dame s’approche du stand et me demande : « Le monsieur sur l’affiche, il ne vient plus ? » J’étais devant elle… un peu plus âgé qu’à l’époque de la photo ! Je n’ai pas osé lui dire que c’était moi, mais j’en ris encore aujourd’hui.
À travers son enthousiasme et sa disponibilité, Jean-Paul Anrès illustre parfaitement la richesse des salons particuliers. Au-delà de la vente, c’est une aventure humaine et collective qui valorise la cave, les vins et les hommes qui les font.
Pour lui, participer à un salon, c’est avant tout porter la voix de la coopération — avec sincérité, fierté… et beaucoup de plaisir.