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Une Intuition Devenue Projet Collectif

Publié le : 02/04/2026
Une Intuition Devenue Projet Collectif

À 30 ans, Jérémy Aubéry incarne cette nouvelle génération d’Artisans Vignerons pleinement investis dans la coopérative. Fils et petit-fils de viticulteurs, il s’inscrit dans une histoire familiale étroitement liée à la cave de Vacqueyras : son grand-père a participé à sa construction et en a été président, son père a siégé au Conseil d’administration, et Jérémy poursuit aujourd’hui l’aventure, au plus près du terrain.

Formé à la comptabilité, à l’économie et à l’entrepreneuriat, il porte sur son métier un regard élargi : comprendre les marchés, anticiper les usages, imaginer des débouchés complémentaires. “Le vin évolue avec la société. Il faut savoir accompagner ces changements”, résume-t-il.

C’est dans cet esprit qu’il redécouvre le verjus, jus acide issu de raisins récoltés avant maturité, largement utilisé au Moyen Âge avant de tomber dans l’oubli. L’idée le séduit immédiatement : un produit local, non alcoolisé, polyvalent, en phase avec les attentes actuelles. Boisson, ingrédient culinaire, outil de mixologie… le verjus coche de nombreuses cases.

Mais une intuition ne devient projet que si elle est partagée. La réalisation n’aurait pas été possible sans le savoir-faire du chai Rhonéa et l’accompagnement technique de Thierry Sansot, Directeur Vigne et Vin. Ensemble, ils traduisent l’idée en produit concret : choix des raisins, maîtrise de l’acidité, premiers essais au chai. Une illustration très concrète de l’ADN coopératif, où l’innovation naît de la rencontre entre initiative individuelle et intelligence collective. “On n’a rien changé à nos plantations, pas acheté de matériel, pas inventé de nouvelles techniques. Le risque est faible, mais symboliquement, c’est fort. On prouve qu’on peut innover à partir de ce qu’on a déjà.”

 

La vendange, menée dès fin juillet, surprend autant qu’elle intrigue. Raisins récoltés avant maturité, premier essai sur Caladoc, perspectives d’assemblages futurs… le verjus ouvre un nouveau champ d’exploration, avec en toile de fond un intérêt environnemental évident : proposer une alternative locale à des produits souvent importés, comme les agrumes. 

Le projet reflète la capacité de Rhonéa à innover sans renier ses fondamentaux. Il parle aussi à de nouveaux publics, parfois éloignés du vin, et invite à repenser le potentiel de la vigne au-delà de la bouteille. 

“Les jeunes ne s’intéressent plus autant au vin qu’avant. Il peut paraître trop élitiste, trop codé. Il faut des produits accessibles, qui parlent différemment.” explique Thierry

 

L’initiative a d’ailleurs dépassé le cadre de la Cave, avec un reportage diffusé au journal de 13h de TF1. Une reconnaissance inattendue pour Jérémy, mais révélatrice de l’intérêt suscité par ces démarches hybrides, entre tradition et réinvention : 

J’ai été très surpris qu’un média national s’y intéresse. Le tournage était une expérience originale et enrichissante. Les journalistes ont découvert le produit avec curiosité, c’était un vrai plaisir de partager ça.”

Une conviction personnelle devenue réflexion collective